Olga

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Création théâtrale aux Déchargeurs autour de Marina Tsvetaeva

Poétesse lyrique au destin tragique, Marina Tsvetaeva (1892-1941) n’a pas écrit pour le théâtre. Céline Pitault, interprète et adaptatrice, a eu l’idée de « faire entendre sur scène cette voix dissidente: tous ces mots de son intimité qui relatent son rapport dès son plus jeune âge à l’art, l’influence de ses parents, sa souffrance mais aussi toute sa joie devant la vie qu’elle désirait brûlante. De son enfance, je suis arrivée à son lien à ses propres enfants. À tout cet amour et à tout ce poids qui l’empêchaient d’écrire. À la frustration qui en principe ne se dit pas mais qui là, se crie. »

Céline Pitault a ainsi écrit Celle qui revient là, celui qui la regarde, texte français adapté en partant du très beau livre Vivre dans le feu ainsi que des recueils de poème Le ciel brûle (édition Gallimard) et Poésie
lyrique
(1912-1941) (Editions des Syrtes). Le metteur en scène Ludovic Longelin en a tiré une pièce en 7 « mouvements »(durée: 1h15) où Céline Pitault interprète Marina Tsvetaeva et Renaud Hézèques son fils.

Celle qui revient là, celui qui la regarde est à écouter et voir au Théâtre des Déchargeurs (3 rue des Déchargeurs, 75001, métro Châtelet) jusqu’au 27 avril 2019, les mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 21h30.

Renseignements et réservations sur le site du théâtre.

Concert de soutien aux travaux de la Colline Saint-Serge

Certains connaissent peut-être la Colline Saint Serge juste en retrait de la rue de Crimée dans le XIXème? Un lieu charmant, hors du temps, où trône sur une butte l’église orthodoxe Saint Serge tenue par l’Institut de Théologie Orthodoxe. Justement, l’Institut doit faire face à d’importants travaux de consolidation des fondations de la Colline Saint Serge. Depuis 2 ans, un programme de travaux a été établi pour préserver et remettre en état les bâtiments de la colline. 2 tranches de travaux ont déjà été effectuées (rénovation du réseau de drainage des eaux pluviales autour de l’église et en aval / restauration du toit terrasse du bâtiment des étudiants). Cette année, un ambitieux programme de restauration des chambres des étudiants sera entrepris, pour permettre le retour des étudiants sur la colline Saint Serge dans de bien meilleures conditions qu’auparavant.

L’Institut a donc décidé d’organiser un concert de soutien le dimanche 14 Avril 2019 à 15 h 00 pour collecter des fonds pour aider à la réalisation de ces travaux. Au programme:

Présentation du roman La Révolution des cierges (Editions Gallimard) par l’auteur Olga LOSSKY, avec les commentaires d’Anne PHILIPPENKO, iconographe. Ce roman décrit la lutte d’un moine pour terminer son icône en 1917 malgré les troubles suivant la Révolution.

Concert d’œuvres de Prokofiev, Scriabine, et Rachmaninov interprétées au piano par Elizabeth FROLOVA

Participation 12 €. Bien entendu il n’est pas interdit de donner plus ! Entrée par le 14 bis rue Meynadier ou le 93 rue de Crimée à Paris 19e; Métro : Laumière; Bus n° 75 – 60 et 48 – arrêt Mairie du 19ème

Carnets de guerre par Nikolaï Nikouline

Voilà un livre qui tranche sur les récits héroïques de la victorieuse confrontation de l’Armée Rouge avec la Wehrmacht. Engagé volontaire en 1941, Nikolaï Nikouline (1924-2009) a survécu à la guerre malgré l’âpreté des combats auxquels il a participé jusqu’à la bataille de Berlin en mai 1945. Il en est revenu traumatisé, au point d’écrire en cachette ses Carnets de guerre en 1975 comme une catharsis, pas du tout pour les publier.

Pas d’épopée ici, pour Nikolaï Nikouline « la guerre est ce que l’humanité a produit de plus dégradant et de plus ignoble ». Il en détaille donc les turpitudes et les monstruosités à la manière de Henri Barbusse celles de la Grande Guerre dans Le Feu, le lyrisme et l’espoir en moins.

Poussé par ses proches, il autorise la publication de ces Carnets en 2007, et leur liberté de ton émeut le public russe. Les voici enfin traduits et publiés en français aux Arènes.

Les Carnets de guerre, Nikolaï Nikouline, 350 pages, 24,80€, Les Arènes

Rouge au Grand Palais

Très belle et intéressante exposition au Grand Palais : « Rouge » présente en 19 artistes et quelque 400 oeuvres l’essor d’un art nouveau au début de l’Union Soviétique jusqu’à sa transformation en art officiel dominé par le réalisme socialiste sous Staline.

On y découvre en première partie l’élan révolutionnaire qui saisit des artistes comme Maïakovski, Lioubov Popova ou Alexandre Rodtchenko dès 1917. Pour eux, l’art doit cesser d’être bourgeois, sortir des musées et expositions pour aller dans la rue et participer à la transformation de la société: le « productivisme », ou art de la production, est né. Le constructivisme appliqué au graphisme et à l’architecture y joue un rôle clé. Ces productions sont d’avant-garde, parfois à la limite de l’abstraction, et peinent à séduire au-delà d’un cercle éclairé. Dès les années 20, d’autres artistes aux méthodes plus traditionnelles tels Isaak Brodsky et Kouzma Petrov-Vodkine mettent l’accent sur le sujet plutôt que la forme: il faut dépeindre de manière « artistique et documentaire » ouvriers et paysans en train de construire le socialisme.

Le pouvoir stalinien mettra fin en 1932 à ce pluralisme artistique, le « réalisme socialiste » devient la norme, les constructivistes et autres réalistes critiques se voient accusés de formalisme et mis à l’écart. Comme l’explicite Jdanov en 1934, il s’agit de « représenter la réalité dans son développement révolutionnaire » et contribuer ainsi au « travail de remodelage idéologique et d’éducation des travailleurs ». Les peintures d’Alexandre Deneïka sont très représentatives de cet art soviétique: de l’imagerie héroïque. on passe vite à la mythification et à l’hagiographie des chefs, Lénine et Staline en tête. L’art succombera à la propagande dès la fin des années 30.

Cette épopée artistique, sans égale dans le monde contemporain, est à voir au Grand Palais jusqu’au 1er juillet 2019.

L’Arche Russe d’Alexandre Sokourov

Si l’Histoire russe vous intéresse, la reprise de L’Arche Russe d’Alexandre Sokourov est pour vous: 300 ans d’Histoire racontés en 1h50′ en traversant les salles du musée L’Ermitage à Saint-Petersbourg.

L’Arche Russe montre un réalisateur contemporain faisant connaissance à L’Ermitage avec un cynique diplomate français du XIXe siècle. Explorant les splendides couloirs et salons de ce qui était alors appelé le palais d’Hiver, le diplomate et le réalisateur sont témoins de scènes de la Russie tsariste où les héros se nomment Pierre le Grand ou Catherine II, mais aussi témoins d’événements ayant marqué l’histoire du musée comme le dernier grand bal impérial de 1913 ou le tragique siège de Leningrad par les Nazis. L’Arche russe est un flot d’images, d’émotions et de souvenirs courant sur plus de trois siècles d’histoire russe mais aussi deux visions du monde qui s’entrechoquent, qui ne se comprennent guère – à l’image de ces deux héros qui ont parfois du mal à communiquer entre eux, mais dont la réconciliation passera souvent par l’entremise des tableaux. La culture est ici envisagée comme une passerelle entre les peuples.

Tourné en 2001 en un seul plan-séquence avec une caméra SteadyCam numérique, sans montage (!), le film a surpris par ce côté innovateur. Mais l’intérêt va au-delà : L’Arche russe est une formidable déclaration d’amour d’Alexandre Sokourov à son pays au passé si riche et au futur si incertain.

L’Arche Russe ressort en version restaurée ce mercredi 20 mars 2019 en VO sous-titrée aux cinémas Le Champo (Paris 5ème) et Le Balzac (Paris 8ème).

Festival du film russe de Paris: « Quand les Russes s’enflamment »

Si vous avez une semaine de vacances à prendre, c’est le moment! Avec une programmation toujours foisonnante, vous n’aurez que l’embarras du choix pour cette cinquième édition du festival du film russe de Paris, du lundi 11 mars 2019 au mardi 19 mars 2019 dans les cinémas Balzac et Christine 21 et accessoirement au Studio 28 et au Max Linder.

Rétrospective de films soviétiques, tels ceux d’Eldar Riazanov dont le sentimental Ironie du sort est rediffusé chaque nuit de Nouvel An en Russie. Ou encore les films d’auteur comme ceux de Kira Mouratova (Olga vous les recommande!). Sans oublier les grands classiques comme Andreï Roublev de Tarkovski, l’intégrale de Guerre et Paix de Bondartchouk et Le Communiste de Raizman, film idéaliste et chef d’oeuvre de l’époque soviétique selon Olga.

Plus récents, La petite Vera de Pitchoul (en soirée exceptionnelle le 12 mars à 18h au Balzac) était le film culte de la perestroïka, et Portrait au crépuscule de Nikonova, film dur et réaliste des temps actuels. Plus la compétition de cinq longs métrages de jeunes réalisateurs encore inédits en France. Sans oublier la projection de Leto, de Serebrennikov film événement de 2018 dont nous vous avons déjà parlé dans ce blog, et dont la projection le dimanche 17 mars à 20h30 au Max Linder sera suivie d’un concert rock!

Infos plus détaillées et programmation sur le site du festival

DAU: l’Union Soviétique revisitée

DAU est un « projet unique, protéiforme et chimérique » (dixit son créateur le réalisateur russe Ilya Khrzanovsky)  qui fait le buzz en ce début 2019! Certains comme les journalistes du Monde semblent fascinés par l’entreprise, tandis que d’autres décrient une réalité ennuyeuse loin des prétentions affichées… et du prix à payer (75€ pour 24h pour le pass le plus courant).

De quoi s’agit-il? A partir d’un projet de long métrage sur le physicien soviétique Lev Landau (d’où le nom DAU) et son institut de recherches à Kharkov (maintenant en Ukraine), Ilya Khrzanovsky et son sponsor l’oligarque Sergeï Adoniev passent de 2009 à 2011 à une reconstitution sur place d’un institut de recherche au temps de Staline. Avec plusieurs centaines de participants volontaires qui auraient ainsi vécu une expérience hors du temps pendant 3 ans tout en étant filmés. En résultent 700 heures de pellicule et 13 longs métrages qui sont la matière première de ce « spectacle total  » qui est maintenant présenté à Paris jusqu’au 17 février 2019.

Nous avons tenté l’expérience: le « visa » (oui, c’est le nom du ticket) validé place du Châtelet, on pénètre dans le Théâtre de la ville en travaux, sombre comme une caverne. Fond musical un rien angoissant, décors et objets d’art soviétiques (courtesy des collections du Centre Pompidou) vous mettent en condition pour vous immerger dans un long métrage dans une cabine privée au sous-sol ou dans la grande salle du théâtre réduite à sa coque en béton. On croise ça et là des mannequins très réalistes habillés comme en 1953, entre deux vidéos le 1er étage propose  des rencontres privées avec des psychologues (ou un chamane) pour leur raconter vos émotions, ainsi qu’un bar façon cantine soviétique : alors, borchtch ou café imbuvable dans un gobelet en aluminium? Et ce monde d’illusions est ouvert 24 heures sur 24, invite à s’incruster dans la durée.

Une fois pris dans l’ambiance, on a l’impression de comprendre cette ambiance soviétique filmée où bonhomie alterne avec brutalité (celle du KGB qui fait irruption dans l’Institut pour embarquer ses victimes), langue de bois (toasts au camarade Staline et à l’avènement du communisme) avec franchise (les protagonistes à huis clos) ou courage (le directeur de l’Institut refusant d’espionner ses collaborateurs).

Beaucoup comme notre élève Anne sont restés dubitatifs. Et les ratés de l’organisation n’arrangent rien. Premier week-end (25 janvier) fermé. Salles fermées, projections décalées. Et le Théâtre du Châtelet, deuxième moitié de DAU, n’ouvrira que ce samedi 2 février 2019: il nous faudra écrire à indo@dau.com pour leur demander une prolongation du visa. Tout cela laisse Ilya Khrzanovsky de marbre: « C’est l’Union soviétique! » ironise-t-il.

 

 

Agenda culturel russe 2019 aux Editions Alliance Russe

Vladislav Maslak, Russe établi en France depuis 1997, lance sa maison d’édition en publiant un agenda culturel russe pour 2019. Cet ouvrage relié  et en langue française indique aussi les fêtes et les commémorations orthodoxes, et est illustré d’oeuvres de peintres russes du XIXe siècle. De quoi baigner dans la culture russe et orthodoxe toute l’année!

Cet Agenda Culturel Russe est disponible sur Amazon ICI

Fêter (l’ancien) Nouvel An russe sur le bateau Daphné!

Vous le savez sans doute, le calendrier julien traditionnel en Russie (l’Eglise Orthodoxe l’utilise toujours) a un décalage actuellement de 13 jours avec le calendrier grégorien en vigueur en Occident depuis la fin du XVIème siècle. Le Nouvel An 2019 d’après ce calendrier julien arrivera donc le dimanche 13 janvier à minuit.

Pour l’accueillir dignement, le bateau Daphné (Port Montebello 75005 Paris, face au 11 quai Montebello) vous propose dès 19h le dimanche 13 janvier 2019 un spectacle avec le duo « Les Cosaques » qui combinent chants cosaques et répertoire tzigane. Cocktail russe, zakouskis et vodka seront évidemment de la partie: С Новым годом!

Participation: 20€. Infos et réservations: info@bateaudaphne.com ou 01 30 36 18 88.

Leto

C’est le film russe de 2018, celui dont on parle et pas seulement pour ses qualités artistiques. Leto (« L’été ») raconte l’émergence d’une scène rock à Leningrad au début des années 80, au milieu du brejnevisme ambiant. On y retrouve  Boris et son groupe Akvarium, et surtout le rockeur Mike (joué par le chanteur Roma Zver), son épouse Natalia (dont les mémoires servent de base au film) et le jeune Viktor Tsoï, future star de la perestroïka. Beaucoup de réminiscences, dans un style par moments surréaliste, qui rendent ce film beau et mélancolique quelque peu étrange à ceux qui n’ont pas vécu cette époque.

Le réalisateur  Kirill Serebrennikov n’a pu venir présenter lui-même son film au festival de Cannes. Objet d’une enquête pour détournement de fonds et assigné à résidence, il apparaît pour beaucoup comme victime d’une reprise en main du Kremlin de milieux artistiques pas assez dociles. Un remake en quelque sorte des difficultés que les rockeurs des années 80 avaient avec les autorités soviétiques…